Edito

A blissful season

Depuis que j’ai abandonné les photos de bouffe et les updates « je pèse machin », je ne fais plus ici que des billets un peu mélancoliques, pleins des réflexions et des tempêtes qui font rage dans mon crâne d’adolescente de 28 ans.

Le changement de saison donne toute leur dimension à mes tempêtes.

J’ai fini par admettre qu’il fallait écouter ses propres besoins quand ils apparaissent, et quand ils ne dépendent que de nous-mêmes. Quand les températures baissent et que la lumière décline quelques minutes plus tôt chaque jour, je suis comme un gros hérisson qui veut dormir jusqu’en avril. Si je suis un peu plus raisonnable, je veux juste me terrer avec mes chats, mon café, mes livres et mes plaids. Et puis aussi le chouette type qui partage mon changement de saison avec patience et bienveillance. La fenêtre est toujours ouverte, les petits frissons de froid de l’automne sont toujours les bienvenus (comme le bout du nez tout froid qui dépasse du plaid).

J’aime bien l’automne, malgré les tempêtes.

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High five, baby !

Non mais un post par mois c’est bien aussi, hein. Arrête, je sais que tu me juges et j’aime pas trop ça ! Cesse.

Je ne suis pas là pour te raconter comment j’ai vécu la plus belle journée de ma vie samedi (ou à peu de journées près, au moins) quand j’ai rencontré Stephen King (mon héros, mon idole, mon inspiration, tout ça) au Grand Rex. C’était tout merveilleux. Mieux que ça. J’ai passé la journée à attendre, pour me retrouver dans un merveilleux sixième rang, à quelques mètres du King. M’enfin vraiment, ça méritera un post à part entière et quelques couinements bien placés.

Non, je suis là pour te dire un petit peu où j’en suis, si ça t’intéresse ! Parce que figure-toi que oh, j’ai perdu 6 kilos depuis septembre ! C’est pas joli ? SI, C’EST JOLI ! 

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D’autant plus que suite à une grande fatigue venue d’on ne sait où + à des week-ends tout à fait chargés , je n’ai pas fait de sport en deux semaines. C’est pas mal ? SI, C’EST MAL ! 

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Non mais alors la vraie info, vraie de vraie, c’est que j’ai réalisé ces derniers temps les progrès que j’avais fait. Je n’y avais que trop réfléchi, sans réaliser pleinement tout ce que ces dernières années d’efforts colossaux et d’espoirs retrouvés avaient donné.

Disons cela simplement :

Je ne suis plus malade.

Je ne suis plus boulimique. 

HIGH FIVE !

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Je n’ai plus fait de grosse crise depuis bientôt 3 ans. Je n’ai fait qu’une crisette en 2013, j’en avais parlé ici (une sombre histoire de fromage !). Rien de fou, rien que je n’aie très vite surmonté sur tous les plans. Rien qui ne menace ma nouvelle relation avec la nourriture. Elle et moi on a trouvé notre équilibre, je crois que c’est bien parti pour durer… Mais ne lui dites pas où je vais rougir, on s’apprivoise encore !

Il y a 3 ans, je pesais 114 kilos. Je ne savais pas où j’allais, je ne savais pas si j’allais sortir de la boulimie, je ne savais pas si tout cela allait s’arrêter.

Aujourd’hui j’en pèse 97. Je ne fais plus de crise. Je parle de la boulimie au passé. Je parle de la boulimie tout court. Je m’habitue tout juste à ma nouvelle vie. Je perds du poids lentement mais facilement et durablement. D’ici un an, je suis un canon (même pas flasque, avec mes folles virées à la salle de sport et mes courses d’amour). Aujourd’hui je cours relativement facilement (et rapidement pour quelqu’un de ma corpulence). Aujourd’hui je me sens de mieux en mieux dans mes chaussettes. Aujourd’hui, je drague.

Aujourd’hui je crois que mon avenir est tout joli.

Mes seules addictions ? Le café et les bouquins (et les séries, mais c’est moins joli).

La bouffe et moi, on a fait la paix. 

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Hue, cocotte !

Mon Dieu, ce titre est tout à fait catastrophique. Vous m’en voyez navrée. Mon dernier post était un peu atypique, si vous l’avez lu, merci pour moi et pour les autres !

Celui-là sera plus classique : je mange quoi, quand et comment en ce moment ?

En fait, depuis lundi matin (oui, je sais, le syndrome du lundi), j’ai repris les choses en main. Je vous avais dit, que ça prendrait un peu de temps ;). Pour mettre toutes les chances de mon côté, je m’appuie sur deux outils en particulier :

– un compteur de calories : je ne crois pas au comptage des calories, en réalité. Toutefois j’ai besoin de repères caloriques afin de savoir exactement quelle énergie j’ingère et quelle énergie je dépense, afin de pouvoir trouver des automatismes et voir quelle quantité me convient. Pour l’instant je me suis calée sur 1200 kcal par jour (c’est très peu), parce que j’ai besoin d’impulsion, j’ai besoin de perdre pas mal. Du coup ce compteur me permet de gérer repas par repas, aliment par aliment.

Je sais bien que c’est une solution qui ne tiendra pas le long terme, mais je compte dessus pour me « caler ». J’utilie Fitness Pal, si ça intéresse quelqu’un dans la foule en délire.

Mon nouveau carnet de bord ! 

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J’ai toujours eu cette manie de raconter des tas de trucs dans des tas de carnets. Y compris l’évolution de mon poids, comment je me sens, mes listes de courses, mes numéros de SAV Ikea… (foutue Bjorkudden avec 3 pieds gauches !). Celui-là, un agenda Moleskine (que j’aime d’amour depuis longtemps déjà) me servira de carnet de bord réservé à cet objectif que je caresse comme un chaton persan. Une sorte de pendant à ce blog, en quelque sorte.

En attendant, je mange, et le reste du temps… j’ai faim.

Début de semaine, je me suis fait un plat de lasagnes au légumes et mozzarella : du coup j’en ai mangé à trois repas ! Bon plan : on cuisine une fois et c’est bon pour deux jours :).

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Aujourd’hui, c’était jour de courses : j’avais pas le choix, hier j’ai eu une illumination. Vous savez, de celle qui ont conduit à la découverte de la poussée d’Archimède (au moins). IL ME FALLAIT UN OEUF COCOTTE. J’aime les oeufs cocotte presque autant que le fromage, c’est dire ! Du coup je suis allée acheter de quoi faire un oeuf cocotte, pardi.

Oeuf cocotte rose
Oeuf cocotte rose

Oeuf-cocotte rose 

– Dans une poêle chaude avec un peu d’huile qui fait ksss, tu jettes un oignon rose émincé.

– Tu rajoutes quelques crevettes roses cuites décortiquées

– Tu attends que ça fasse encore plus ksss

– Tu ajoutes de la crème de soja (ou de la crème normale, à ton aise). ASSAISONNES !

– Tu laisses cuire quelques secondes, le temps que la crème devienne beigeasse, et tu mets le tout dans un ramequin

– Tu mets au four au bain-marie, à 180°C (préchauffé, hein) pour une dizaine de minutes (sinon, le jaune sera trop cuit, ET TU NE VEUX PAS QUE LE JAUNE DE L’OEUF COCOTTE SOIT TROP CUIT)

Et tu dégustes ta race :

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Avec du pain aux noix, ANH !

Oh, et j’ai pas laissé tombé les salades, hein. Regardez donc ce que je me suis préparée ce midi, AH AH !

Frisée, radis, tomates, oignons rouges
Frisée, radis, tomates, oignons rouges

Niveau sport, j’ai fait elliptique + velo lundi, et j’ai couru hier. Demain je vais au cours de Body Balance du matin (youpi les vacances). GOOD. Oh, et demain, petit test de la semaine : je vais au resto le midi. Pour la gestion des calories, va falloir la jouer finaude !

Yeah... maybe
Yeah… maybe
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Le retour, prise 768. Action !

Mon Dieu, je suis pire que Johnny, à partir, puis revenir, puis repartir, puis re-revenir. Bon, c’est pas si facile que ça, et les dernières explications dans le dernier post en date le prouvent : la période qui vient de passer a été compliquée ! Mais selon mes prévisions, aucune période facile à l’horizon.

Il faut donc se prendre par la main et avancer, hop hop hop. Ca n’arrivera pas par hasard, et je n’ai pas envie de me retrouver dans 5 ans dans la même situation, à rester sur place en tâchant de trouver la bonne solution. La solution elle est là, je l’ai déjà, il « suffit » juste de l’appliquer. Pas de crise depuis le dernier post, d’ailleurs, mais de gros écarts, qui font que je n’ai pas osé me peser depuis. Il va falloir, mais je me laisse du temps de rattraper tout ça !

Et quand je dis que je reprends les choses en main, je me suis préparé une sorte de défi géant : dans mes courses d’hier, rien que du normal et de l’équilibré, mais aussi pas mal de choses que les gens achètent sans que cela pose aucun problème :

– 3 fromages (j’ai fait les courses jusqu’à la fin du mois)
– 1 paquet de madeleines aux pépites de chocolat
– 2 paquets de petites friandises au chocolat
– 2 petits paquets de tortillas nature

L’idée étant d’en déguster les dernières bouchées à la fin du mois ! Ayant acheté tout cela hier matin, je suis plutôt bien partie ! Tout est encore presque plein, et j’ai fait des repas équilibrés : une salade composée hier midi, quelques madeleines et une prune l’après-midi, et un grignotage raisonnable de tortillas et de tarama hier soir.
Un peu déçue d’avoir acheté du guacamole au supermarché cela dit, pour revenir et voir que la date de péremption est au 3 mars dernier. Rassurant.

Aujourd’hui, je fais le point sur ce que je veux, ce que je peux faire, comment je peux mettre toutes les chances de mon côté pour réussir mon pari.

Et je bois du café, toujours.

Sunday Morning
Sunday Morning
Mon parcours

L’histoire

Après presque 2 mois de traitement à coups d’au moins 1 post par jour, il est temps de faire le point sur ce qui m’a amené jusqu’ici. A 24 ans, à lutter pour qu’un problème non réglé depuis l’enfance ne bouffe pas ma santé et ma vie dans sa globalité. Je vous mets mon histoire, là, sur la table. faites-en ce que vous en voulez.

Tout a commencé un sombre soir de novembre : la neige tombait à gros flocons et j’ai poussé mon premier cri. Comment ça, je remonte trop loin ? OK, OK !

J’ai passé mon enfance à manger. Manger la bonne cuisine, familiale, traditionnelle. Plats en sauce et coquillettes jambon. Et aussi des plats préparés, surgelés. Sans aucun égard pour l’équilibre alimentaire. J’ai commencé à en entendre parler de celui-là, seulement au collège, quand j’ai commencé à sérieusement déprimer d’être trop grosse. Avec autour de moi les copines qui étaient minces, qui commençaient leur vie amoureuse doucement, qui vivaient bien leur corps.

Nous, à la maison, on mangeait. A notre faim, et plus que ça, même. Le contrôle des portions n’était lié qu’à nos envies : tu veux en reprendre ? Reprends-en. Un enfant qui mange est un enfant en bonne santé. Le mercredi, le samedi, le dimanche : c’est jour de fête, on fait de la pâtisserie. Tu reprendras bien un bout de gâteau ? Je n’ai jamais su dire non, j’ai toujours adoré manger, c’est ainsi. La bouffe a toujours fait partie intégrante de ma vie, et j’y reviendrai d’ailleurs un peu plus tard.

Mais ce n’est pas seulement ça, qui m’a fait grossir, bien entendu. La plupart des enfants, des gens qui mangent bien ne deviennent pas obèses, non. La plupart sont bien portants, sont bien, vivent comme ils l’entendent. Moi, je suis devenue obèse dès l’enfance. Et particulièrement quand j’ai commencé à ne plus contrôler ce que je mangeais. Au collège, je rentrais avant tout le monde à la maison, vers 16h15, après l’école. Le goûter était constitué de plus grand nombre de biscuits que je pouvais avaler sans que la baisse dans le paquet ne devienne suspecte pour le reste de la famille. Les biscuits ronds, comme les Prince. Avec un verre de lait. Parfois additionné de quelques cuillères à soupe (!!!) de chocolat en poudre. Parfois additionné de pains au lait. Parfois additionné d’un bol de céréales. Parfois additionné d’absolument tout ce qui pouvait me faire envie, encore une fois sans que je puisse « me faire prendre ». J’avais visiblement déjà conscience que manger autant était mauvais pour moi, et j’avais honte de ne pas pouvoir résister. Tous les week-ends je faisais de la pâtisserie, j’adorais ça (et j’adore toujours ça, d’ailleurs, même si je suis naturellement obligée d’en faire moins aujourd’hui).

Au fil des mois et des années, j’ai grossi, encore et encore. Et mes problèmes avec la nourriture se sont drôlement aggravés. A la fin du collège, et au lycée, dès que j’étais seule à la maison, je mangeais. Ce que je pouvais, en priant pour que cela ne se voit pas. Je « ponctionnais » dans chaque fromage un morceau, avec du pain. Les biscuits apéritifs, les biscuits sucrés, une tranche de jambon, tout ce qui pouvait se manger sans que ça se voie trop.

Avec le recul, je me dis que ça n’est forcément pas passé inaperçu. Je mangeais dans de telles quantités, c’est impossible. Et à côté, je continuais de m’empiffrer pendant les repas, même si ça aussi, ça commençait à drôlement me faire honte.

Quand j’allais à la piscine, quand je faisais seule une petite sortie inhabituelle, je mangeais. J’utilisais le peu d’argent que j’avais pour manger des trucs qu’on avait pas à la maison. Je me souviens d’une barre de céréales que j’appréciais particulièrement, avec du chocolat dessous. Les Sundy. J’en achetais une à chaque fois que j’allais à la piscine. Et à chaque fois que j’avais fini de manger, j’avais envie de pleurer. Je me haïssais tellement, et je me renfermais sur moi-même bien entendu. Je n’ai jamais été du genre très populaire à l’école, et ça n’a rien aidé.

Mais je ne mangeais même pas par plaisir de manger, pendant ces « crises ». C’est important que je le dise, puisque lorsque l’on pense aux gens obèses, on s’imagine qu’ils passent leur temps à s’empiffrer, enfoncés dans leur canapé, et « ils n’ont qu’à arrêter de manger, quoi ». La bouffe, à ce niveau, c’est une addiction. Comme le tabagisme. Certains parviennent à arrêter à la force de leur volonté. D’autres ont besoin de se faire aider. D’autres sont perdus quoiqu’il arrive : ils n’arrêteront pas, ils ne peuvent pas.

La bouffe, c’est pareil. En dehors d’une période où j’ai perdu 14 kilos (en quatrième, si je me souviens bien, même si cette période est particulièrement floue), il n’y a pas eu de trêve pour moi dans mon problème avec la nourriture. Au lycée, ça n’a pas changé. J’ai cru qu’en ayant de bons amis, les bonnes personnes autour de moi, ça pourrait changer. Non, ça n’a pas changé. Pareil, la bouffe en rentrant du lycée, jusqu’à ce que je n’en puisse plus. Toujours les mêmes aliments, les plus « pratiques » à manger.

Puis, la fac. Un studio pour moi toute seule, là encore, je me suis dit : oh, ça va aller mieux, je vais pouvoir avoir une vie un peu plus stable, faire mes choix, aller mieux. Grosse erreur : ça a été pire. Je me faisais tout et n’importe quoi à manger. Je mangeais correctement pendant une semaine, puis je faisais des courses impulsivement, rien que des trucs parfaitement gras (saucisson, chips, mayonnaise, pâtes au gruyère…). Je pouvais me faire le sandwich le plus gras du monde à 10h du matin (2h après le petit-déjeuner) ou une immense assiettée de pâtes à 15h (2h après le déjeuner). J’étais, on va dire, libre d’exercer mon addiction comme bon me semblait. Mais, vraiment, je ne contrôlais rien. Ca a été l’une des périodes les plus éprouvantes de ma vie, à cause de ça. Je ne contrôlais rien, et je m’en voulais à chaque instant. Je n’ai jamais vomi volontairement. J’ai eu mon diplôme, avec plutôt de bons résultats !

A cette époque, ma soeur était la seule au courant (et encore, plus ou moins) de ce problème, de mes crises. Elle a été très bien, a tenté de me donner des conseils, de me comprendre. Mais c’est terriblement compliqué, imaginez : elle me conseillait de ne pas acheter ce qui était susceptible d’entrer dans le cadre d’une crise. Sauf que quand j’avais envie/besoin de manger, tout pouvait y passer. Vraiment, n’importe quoi qui puisse se manger. Finalement, j’étais la seule à pouvoir régler ça. Comment ? Je n’en avais aucune idée, à ce moment-là. On m’a aussi souvent conseillé d’aller voir un(e) nutritionniste. Mais j’ai passé 5 ans à étudier la biologie sous absolument toutes ses formes à la fac, alors je sais depuis des années ce qu’il faut manger pour être en forme, je sais parfaitement en quoi consiste l’équilibre alimentaire. Le problème est ailleurs.

Je suis rentrée au foyer familial après mon diplôme, et j’ai découvert les joies du chômage ! Longue durée. Après quelques mois d’inactivité, j’ai repris le sport. J’ai couru, plusieurs fois par semaine, la seule manière de ne pas dépérir, dans ma campagne, à chercher du boulot après 5 ans à la fac. Et, en février 2011, un déclic.

Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment. Mais ma vie a changé pour de bon, en février 2011. Du jour au lendemain, j’ai entamé un régime. Un vrai, un long.

Mi-octobre 2011, il y a 1 ans, ma balance affichait – 18 kilos. Mon voyage à Rome (6 semaines à ne pas manger à ma faim, alors que la bouffe italienne est la meilleure que j’aie mangé) était passé par là, et presque 9 mois de régime. 18 kilos. J’étais passée de 111 kilos à 93 kilos, pour 1m64.

Et puis je suis rentrée en France, je me suis remplumée un peu. J’ai trouvé un travail en décembre, à Paris. J’ai fait des trajets de 5h par jour pendant 6 mois, puis j’ai emménagé ici, dans mon coin de Paradis du 19ème. Pendant cette période un peu folle, je ne faisais que peu de cas du régime, j’avais bien des choses à penser, à régler. Et puis, en septembre, je me suis repesée, après des mois d' »abstinence ». Et il ne me restait que 9 kilos des 18 que j’avais perdus… J’ai un peu pleuré. Puis j’ai réfléchi. Et je suis repartie dans le régime.

Le régime d’une vie. Ce que je veux dire par là, c’est que j’ai pris conscience que je serai, de toute façon, toute ma vie au régime. J’aimerai toujours la bouffe, follement (ça fait partie de la vie !), mais je devrai TOUJOURS rester dans la mesure, dans le contrôle. Et pour ça, il faut trouver une manière de manger qui me conviendra toute ma vie, et surtout que je peux adapter en fonction des périodes : en ce moment, elle est un peu plus dure, parce que j’ai encore une trentaine de kilos à perdre pour me sentir bien. Après, quand je serai satisfaite, ça sera un peu moins strict. Mais je lâcherai pas l’affaire.

D’où mon intérêt de manger des trucs bons, qui me vont. Cela fait des mois maintenant que je n’ai pas eu de « crise ». J’ai du en faire une ou deux pendant mon premier gros régime, mais c’est tout. J’arrive à contrôler les grosses envies, les grosses crises qui pointent encore, parfois le bout de leur nez.

Mes seules pertes de contrôle sont aujourd’hui relativement minime sur la prise de poids, mais ont toujours un effet désastreux sur mon estime de moi. Mais elles sont rares. Très honnêtement, avoir réussi à faire tenir un saucisson sec pendant 10 jours entiers dans mon placard, c’est la preuve que je vais beaucoup mieux (non, l’histoire du saucisson n’est pas si anecdotique qu’elle en a l’air…). Je vais quand même beaucoup mieux dans ma relation avec la nourriture. Je vais bien. Je tiens compte de ma faim, des autres repas, de ce que j’aime, de ce dont j’ai envie. Je vais mieux.

J’ai compris des choses, au fil de mon parcours. Que je ne dois pas attendre que le contexte soit propice pour prendre ma vie en main. Que j’étais la seule responsable de ma vie ! Qu’elle ne tient qu’à moi, et que c’est une vraie addiction, la nourriture. Qui ne se combat qu’avec beaucoup d’efforts, que les obstacles et les difficultés se franchissent un par un, sans se presser, au risque de faire une rechute. J’avoue que ça m’effraie toujours. Mais j’avance, et je compte bien continuer…

J’en ai parlé autour de moi, aux gens proches. Qui sont souvent tombés des nues. Maintenant, j’en parle *presque* librement. J’en parle ici. Même s’il m’est arrivé d’en parler et de recevoir en réponse de la psychologie de comptoir façon « tu remplissais un vide émotionnel » ou « tu te faisais une coque pour te protéger des autres et de la vie en mangeant ». Merci, j’en ai déjà soupé, de ça ;). Maintenant, je vis, et je me nourris, et j’apprécie ce que je mange sans en avoir peur. C’est déja bien… et ça n’est que le début !