Edito, Mon parcours

Fais-le tout seul

Et fais-le pour toi. Ca a l’air tout cucul, dit comme ça, mais j’ai envie d’adopter ce ton d’évidence et de paternalisme pour une fois.

*Alerte post plein de trucs persos*

J’aurais pu aussi appeler cet article « la pente ascendante et les dos d’ânes ».
Ca fera bientôt 5 ans que je suis mon chemin pour aller mieux, que je ne suis plus malade, mais que j’ai encore bien des choses à régler. Il ne s’agit pas que d’une histoire de poids à perdre, non. Il s’agit de gagner, pas à pas, un peu d’estime de soi. Il s’agit de ne plus se dévaloriser constamment, de cesser de penser que sa valeur ne dépend que d’un IMC.

Le chemin est long et semé d’embûches sacrément pénibles. Parfois tu sautilles par-dessus et hop-là, voilà l’obstacle derrière toi. Parfois tu te prends une chiée de ronces au passage, et tu t’en sors avec de nouvelles écorchures. Parfois, les ronces se font même accompagner d’un orage et d’une tornade qui suit. Et bon, t’en ressors complètement à plat.

Mais au fur et à mesure que tu comprends les choses et que tu avances, t’es de mieux en mieux armé pour sauter plus haut et swinguer souplement entre les ronces, les fois d’après. Y aura toujours les tornades et les orages, et quelques orties de temps en temps, mais des fois ça pique même pas.

Récemment, j’ai compris 2 choses. 2 GROSSES CHOSES. Je sais, foule en délire, tu te demandes MAIS QUELLES SONT CES DEUX GROSSES CHOSES ? Non, je ne parle pas de mes fesses.

good one
Hinhinhin elle est bonne celle-là

Premièrement, j’ai compris que je me détestais bien plus que je ne l’imaginais au départ. Ca a l’air fort, dit comme ça, mais même si j’ai l’habitude d’en faire des caisses, je pense que je n’exagère pas. J’ai réalisé ça au fil du temps, en me forçant à me regarder, à m’examiner, à m’évaluer. Tout ça est très compliqué pour moi, j’ai passé le reste de ma vie d’avant à me cacher, me dévaloriser, me faire du mal au sens large. La transition n’est pas aisée. Y a des trucs qu’il n’est pas évident de réaliser : par exemple, le fait que je n’aie JAMAIS mis de crème hydratante sur mon ventre. Je veux dire, c’est la partie de moi que j’aime le moins, je le trouve inutile, moche, flasque et puis il me gêne quand je me penche, c’est chiant. Mais de là à pas en prendre soin, et sans s’en rendre compte ? Pourquoi ? J’ai vraiment certaines parties de mon corps en horreur, c’est une chose.
J’ai aussi une bonne partie de ma personnalité en horreur, mais ça je dirais que je lutte toujours après mes 12 ans de boulimie NULLE.
Mais bon, comme je le dis, à chaque fois c’est un peu moins dur, alors ça va. J’ai fait des progrès, j’ai avancé, et je continue d’avancer. C’est tout ce qui compte. Par exemple dimanche dernier, j’ai testé l’escalade (après 12 ans sans en faire), et je suis arrivée sans trop d’efforts en haut du mur de 7m. Et ça, c’est que moi qui l’ai fait, même avec un gros cul dans le baudrier.

Deuxièmement (car non, c’est pas fini), j’ai réalisé récemment, même si je m’en doutais un peu déjà, que j’étais seule, sur ce chemin. Seule avec mes bouts de bois et mes ronces et mes orties et mes catastrophes naturelles. Alors c’est pas pour faire ma calimero, hein, y a des tas de chouettes gens qui ont envie de me soutenir, et de m’accompagner. Mais quand tu te lances dans un défi personnel qui a tellement de zigouigoui chiants qui dépassent de partout, t’es le seul à pouvoir comprendre combien t’en as chié/t’en chies/tu vas en chier.

Il s’agit pas du bikini body de Biba, il s’agit de réinventer complètement ses réflexes et son mode de vie, de faire des erreurs et de se dire que bon après tout c’est pas si grave, on ajuste et on y retourne ! De voir que finalement, certaines solutions, certaines décisions ne sont pas forcément les mieux adaptées. Donc, ben, on ajuste, et on y retourne !

Je vis avec un type relativement compréhensif. Qui connaît mon histoire et les conséquences qu’elle peut encore avoir sur moi, en surface. Malgré tout, il ne peut pas prendre en compte toutes les aspérités de cette histoire, toutes les nuances qu’elles apportent à mes choix et à mon comportement en général. Il ne peut pas comprendre, justement, le premier point cité au-dessus : comment comprendre qu’on peut se détester à ce point, mais avancer quand même et se relever chaque fois qu’on retombe, et sourire entre les larmes qui font dégueuler le mascara ?
Je ne dis pas qu’on est tous pareils, mais je reste persuadée que je suis seule sur ce chemin, et que c’est nécessaire, pour avancer.

N’oublie jamais que c’est toi qui prends tes décisions. Personne ne te force à rester couché. Personne ne t’oblige à faire ce que tu as VRAIMENT envie de faire. C’est toi, qui te pousses au cul, c’est toi qui décide d’aller courir ou de renoncer à la bouffe de merde. C’est toi qui décide d’aller mieux, quoiqu’il t’en coûte. Personne ne le fera à ta place. C’est toi qui mène ta barque.
Les autres ne reçoivent que d’agréables dommages collatéraux. Les petits veinards.

Ps : désormais je suis blonde, presque.

 

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